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Bienvenue chez nous… il fait 10°C

Photo du rédacteur: Lolo
Lolo
2 oct.
7 min de lecture

Le 6 décembre 2024, après des mois de recherches, de compromis, de banques, de cartons et une vente en cascade légèrement sportive, ça y est.


On avait vendu notre appartement le matin.

On avait acheté notre maison l’après-midi.

Et maintenant, on rentrait chez nous.


Enfin… "rentrer" est peut-être un bien grand mot.


On a ouvert la porte, fait le tour de la maison avec Nana, regardé toutes ces pièces désormais vides… Et avec Nini, on s’est regardés.


Un peu hagards.


On avait tellement attendu ce moment, tellement organisé les semaines qui le précédaient, tellement réfléchi à ce qu’il fallait faire avant, pendant et après le déménagement que là, tout à coup, c’était le grand vide.


On y était. C’était fait. La maison était à nous.

Mais ce n’était pas encore vraiment chez nous.


À ce moment-là, on se sentait surtout un peu paumés.


J’avoue que j’ai eu envie de pleurer. De fatigue, de soulagement, mais aussi de ce petit "je ne vais jamais y arriver" qui commençait doucement à monter.


Et puis il y avait ces petits yeux bleus qui me regardaient, l’air de demander :

"Maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?"


Alors j’ai ravalé mes larmes, pris sur moi et on a continué.


Comme toujours.


La BC Family découvre sa maison vide le jour de son emménagement.
Nana, Nini & Lolo qui emménagent, réinterprété en illustration pour préserver notre vie privée.

Première étape : rendre l’endroit à peu près habitable.


La maison était vide.


Nous avions vendu une bonne partie de nos meubles avec l’appartement et les anciens propriétaires avaient, eux aussi, tout emporté.


Tout ? Non.


Une irréductible chaise de douche pour personnes âgées avait décidé de nous souhaiter la bienvenue.


On avait donc une maison, une chaise de douche et beaucoup de poussière.


Heureusement, j’avais anticipé.


Et quand je dis anticipé, j’avais anticipé jusqu’au Swiffer.

Balais, lingettes, produits désinfectants… Toute l’armada du grand ménage avait été achetée avant le déménagement et attendait son heure.


Tout le monde s’y est mis.


Notre première activité de famille propriétaire n’a donc pas été de trinquer au milieu du salon en contemplant fièrement notre nouvelle acquisition.


On a nettoyé.


Bienvenue chez nous.


Nana nous aide à faire le ménage et arracher la tapisserie pour se sentir un peu plus chez nous.
Nana pleine d'entrain qui décide d'arracher la tapisserie.

Une fois le ménage terminé, il aurait normalement fallu penser au dîner.


Chercher les casseroles dans les cartons ? Certainement pas !


Pour notre tout premier repas dans la maison, je suis donc partie chercher un McDo.

Oui, celui-là même qui allait devenir notre petite tradition du 6 décembre.


Il y a des premiers repas plus raffinés, mais la BC Family, c’est sans chichi !



Pour Nana, pas question de camper trop longtemps.


Nous avions vendu beaucoup de meubles, mais sa chambre, elle, avait fait le voyage.

Et ça faisait partie des priorités.


Après deux premières nuits tous les trois sur notre matelas, Nana est partie passer quelques jours chez son tonton et sa tata. On avait organisé cette semaine de transition pour qu’elle puisse commencer sa nouvelle école tranquillement après les vacances de Noël.


Pendant son absence, nous avions une mission : lui préparer son petit chez-elle.


Son lit a été remonté, puis son bureau. Ses jouets ont rapidement quitté leurs cartons et j’ai essayé de recréer autour d’elle l’univers qu’elle connaissait dans notre appartement.


Ses affaires ont d’ailleurs fait partie des premiers cartons déballés, juste après les vêtements et les indispensables de toilette.


À son retour, contente de retrouver son univers, elle s’est même trouvé une nouvelle activité familiale particulièrement réjouissante : arracher la tapisserie et décorer les murs.


Elle était chez elle. Et visiblement, elle avait déjà quelques projets de décoration.


Nana décore sa chambre, elle a eu l'autorisation d'écrire sur les murs.
Nana qui décore les murs de sa chambre.

Quant aux chats…


Chatounet et Chatounette avaient une vision légèrement différente de cette formidable nouvelle aventure familiale.


Je dirais même qu’ils n’étaient pas franchement consentants.


Mais nous n’allions quand même pas les abandonner dans l’appartement.

Et, détail non négligeable, notre acquéreuse n’était pas d’accord non plus.


Chamboulés par cette nouvelle aventure, ils ont passé une bonne partie de leurs débuts dans leurs caisses de transport.


Eux qui les détestent habituellement avaient visiblement décidé que, finalement, ces petites prisons familières étaient préférables à cette immense maison inconnue.


On leur avait laissé le salon comme territoire de départ.


La nuit, on gardait notre porte ouverte et Chatounet a fini par tenter une approche jusqu’au lit.


Petit à petit, ils ont eux aussi pris leurs marques.


Enfin… d’abord dans le salon.

Il ne faut pas abuser, maman.


Chatounet et Chatounette restent dans leurs caisses de transport après le déménagement.
Chatounette et Chatounet qui découvrent timidement leur maison, réinterprétée en illustration pour préserver notre vie privée.

Et puis on a découvert un petit détail : il faisait froid.


Nous avions emménagé en décembre. En Isère.


Autant dire que lorsqu’il fait froid, il ne fait pas semblant.


La maison avait bien de quoi nous chauffer.


Alors naïvement, lorsqu’on avait vu pendant les visites "pompe à chaleur" ET "chaudière au fioul en panne", on avait traduit ça à notre façon : Avant, ils se chauffaient au fioul. Puis ils se sont modernisés avec une pompe à chaleur. Parfait !


Sauf que non.


Ce que l’expérience nous a appris assez rapidement, c’est que lorsque les températures descendaient vraiment, la pauvre pompe à chaleur n’arrivait plus à suivre.

Et c’était précisément là que la chaudière au fioul était censée prendre le relais.


La chaudière au fioul. La fameuse qui avait rendu l’âme.


Ah.


On avait donc, sans vraiment le savoir, souscrit à l’option :

"Cet hiver, vous allez vous les cailler. "

Sans supplément. Quelle chance !


Chacun son achat indispensable.


Le samedi, au lendemain de notre emménagement, on est partis découvrir un peu notre nouveau secteur.


Une balade, un restaurant à Bourgoin… et quelques emplettes indispensables à notre nouvelle vie.


Parce qu’en plus des meubles, j’avais laissé toute ma cuisine équipée à notre acquéreuse.

Y compris mon lave-vaisselle tout neuf de quelques mois.


Oui.


J’y pense encore parfois, à ce petit Candy.

Après des années de vie commune avec Nini à faire la vaisselle à la main, nous avions ENFIN franchi le cap.

Quelques mois plus tard, je laissais mon précieux à notre acquéreuse.

Bref.

Je vais bien.


Il nous fallait donc de quoi cuisiner un minimum.

Pendant ce temps-là, Nini avait identifié une autre urgence : réussir à chauffer la maison.


Chacun son achat indispensable du jour.

Pour Lolo : un mini-four.

Pour Nini : un poêle à pétrole d’occasion.

Les bases étaient posées.


Grâce au poêle, on pouvait chauffer un peu mieux la maison.

"Un peu mieux" restant une notion toute relative puisque certains matins, on se levait avec environ 10°C à l’intérieur.


Au réveil, les chats voyaient donc apparaître dans le salon des énormes chenilles.

Nous. Entortillés dans nos duvets.

Appelez ça comme vous voulez : nous, on appelait ça survivre jusqu’au café.


Lolo et Nini emmitouflés dans leurs duvets pour affronter le froid dans la maison.
Nini & Lolo qui tentent de survivre au froid de la maison, réinterprété en illustration pour préserver notre vie privée.

Et ce froid a même eu une conséquence assez inattendue sur notre chantier.


Nous qui avions prévu de commencer rapidement à tout casser, on a soudain trouvé beaucoup de qualités aux cloisons existantes.


Moins de pièces ouvertes, c’était aussi moins de surface à essayer de chauffer.


Finalement, les cloisons avaient un avantage qu’on n’avait absolument pas prévu : elles gardaient le peu de chaleur qu’on arrivait à produire.


Alors notre envie de tout péter dès les premières semaines ?

On allait peut-être attendre le printemps !


Le camping, mais avec des murs


Côté confort, on avait connu mieux.


Comme nous avions vendu la majorité de nos meubles avec l’appartement, les tables de camping ont repris du service.


Et pour la vaisselle ? Camping aussi.


Après tout, pourquoi changer une équipe qui gagne ?


Une maison à rénover, un poêle à pétrole, un mini-four, des tables et de la vaisselle de camping.

Finalement, nos années de vadrouilles sous la tente nous avaient parfaitement préparés à devenir propriétaires. On ne le savait juste pas encore.


On avait simplement remplacé notre Arpenaz Fresh & Black par un Plan Favier à rénover.


Et au milieu de tout ça, on a fait Noël.


Parce qu’au milieu des cartons, du froid et de notre installation de fortune, décembre continuait.


Nana avait commencé son calendrier de l’Avent dans l’appartement.

Mais la porte magique du 24, elle, serait ouverte dans sa nouvelle maison.


Alors, pour rendre ce Noël, et surtout cet énorme changement, un peu plus magique et un peu plus doux, Nini a eu une idée.


Cette année, on aurait un vrai sapin.


Et après Noël, on le planterait dans le jardin.


Pendant que Nana passait quelques jours chez son tonton et sa tata, Nini et moi sommes donc partis en pépinière choisir notre nouvelle recrue.


On est restés raisonnables.

Enfin, surtout parce qu’il fallait réussir à faire entrer le sapin dans la voiture et ne pas vider le porte-monnaie.


À son retour, Nana a découvert notre petit épineux et on l’a décoré ensemble.

Les lumières, les décorations, le village enchanté.


Tous ces petits rituels de Noël que nous connaissions déjà étaient soudain là, au milieu de cette maison qui ne nous ressemblait pas encore vraiment.


Et pour la première fois depuis notre arrivée, quelque chose avait changé.


La maison était toujours vide par endroits. Il faisait toujours froid.

Les cartons étaient toujours là.

Mais il y avait un petit bout de nous dedans.


Notre Vrai sapin dans la maison pour notre premier Noël chez nous
Notre premier vrai sapin de Noël

Pinou et Los Bricolos


Comme prévu, après Noël, notre sapin n’a pas terminé sur un trottoir.

On l’a planté dans le jardin.


Et puisqu’un membre de la famille mérite évidemment un prénom, il est devenu : Pinou.


Pinou est toujours là aujourd’hui.

Et depuis, il s’est fait des copains.


Mon frère nous a offert Carlos, un nain de jardin à grand bonnet. Et puisqu’il était hors de question de laisser Carlos tout seul, j’ai acheté Juan.


Pinou veille donc désormais sur Juan et Carlos, Los Bricolos.


Oui.

On est restés dans le thème.


Pinou dans le jardin accompagné de Juan LOS BRICOLOS - notre 2e nain de jardin.
Pinou & Juan dans le jardin

Notre 1er nain de jardin offert par mon frère et ma belle soeur. Nommé Carlos, qui deviendra Carlos LOS BRICOLOS.
Carlos LOS BRICOLOS

Dans six mois, c’est fini.


Si je pouvais revenir au 6 décembre 2024 et demander à la Lolo de ce jour-là comment elle se sentait, je crois qu’elle me répondrait quelque chose comme :


"Voilà, c’est fait mon Jacky. On l’a fait. On a vendu et acheté sans crédit relais. On a réussi à déménager sans trop de galères. Les chats sont vivants. On est chez nous. Il va y avoir du boulot… Mais dans six mois, c’est fini. On sera bien. Noël prochain à la maison."

C’est mignon.


Parce qu’aujourd’hui, quand je repense à cette Lolo-là, j’ai quand même très envie de lui tapoter gentiment l’épaule et de lui dire : "On en reparle dans six mois renouvelables."


Mais elle avait raison sur une chose.


On était chez nous.


Et même avec 10°C au réveil, on était exactement là où on voulait être.

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